Mis à jour le 27 octobre 2026 · Lecture : 8 min
En bref : l’AI Act (règlement européen sur l’IA) s’applique par étapes. Pour une TPE qui utilise des outils d’IA, l’essentiel est de connaître ses usages, d’éviter les pratiques interdites, d’être transparent quand l’IA interagit avec des personnes ou produit du contenu, et de former ses équipes. Un texte de simplification (« Digital Omnibus ») a modifié le calendrier de certaines obligations à l’été 2026.
L’AI Act en quelques mots
L’AI Act, ou règlement européen sur l’intelligence artificielle, est le premier cadre juridique général consacré à l’IA. Il suit une logique par niveau de risque : plus un système peut affecter les droits et la sécurité des personnes, plus les obligations sont lourdes. Il distingue les fournisseurs (qui développent ou mettent sur le marché des systèmes d’IA) et les déployeurs (qui les utilisent dans leur activité). Une TPE qui se sert de ChatGPT, de Copilot ou d’un outil de rédaction est, le plus souvent, un déployeur.
Le calendrier de l’AI Act à retenir
Le règlement est entré en vigueur en 2024 et s’applique progressivement. Un règlement européen de simplification, le « Digital Omnibus » (règlement (UE) 2026/1744, publié le 24 juillet 2026 et entré en vigueur le 27 juillet 2026), a ensuite ajusté certaines échéances. Selon les sources que nous avons consultées, le calendrier est le suivant :
- 2 février 2025 : interdiction de certaines pratiques d’IA jugées inacceptables, et première obligation de « littératie en IA » (article 4).
- 2 août 2025 : obligations pour les modèles d’IA à usage général (les grands modèles de langage).
- 27 juillet 2026 : l’obligation de former son personnel (article 4) devient, selon ces sources, une obligation de moyens et non plus de résultat : il faut agir de bonne foi et de manière proportionnée.
- 2 août 2026 : application générale du règlement, notamment les règles de transparence de l’article 50 (informer qu’on interagit avec une IA, signaler les contenus générés par IA). Un délai supplémentaire, jusqu’au 2 décembre 2026, est prévu pour l’obligation de marquage technique des contenus (article 50, paragraphe 2).
- 2 décembre 2026 : nouvelles interdictions ajoutées par le texte de simplification.
- 2 décembre 2027 : systèmes d’IA « à haut risque » listés à l’annexe III (par exemple recrutement, éducation, accès à des services essentiels).
- 2 août 2028 : systèmes à haut risque intégrés à des produits régulés (annexe I).
Ces informations proviennent de sources secondaires et peuvent être précisées : consultez le texte officiel sur EUR-Lex et la page de la Commission européenne consacrée au cadre réglementaire de l’IA.
Les niveaux de risque : de l’interdit au risque minimal
- Risque inacceptable (interdit) : par exemple la manipulation subliminale nuisible, la notation sociale, ou certains usages de la reconnaissance des émotions au travail.
- Haut risque : systèmes qui touchent des décisions importantes sur des personnes (tri de CV, évaluation scolaire, accès au crédit). Obligations renforcées : documentation, supervision humaine, qualité des données.
- Risque limité (transparence) : chatbots, contenus générés ou truqués par IA. Il faut informer les personnes.
- Risque minimal : la grande majorité des usages courants (filtres anti-spam, aides à la rédaction). Pas d’obligation spécifique, sinon les bonnes pratiques.
Ce que l’AI Act change pour une TPE
La plupart des TPE utilisent l’IA pour rédiger, résumer, traduire, répondre aux clients ou préparer des visuels : ce sont des usages à risque minimal ou limité. Les points qui vous concernent concrètement :
- Savoir ce que vous utilisez : listez les outils d’IA employés dans l’entreprise, y compris ceux que vos salariés utilisent d’eux-mêmes.
- Former vos équipes : l’article 4 demande de veiller à un niveau suffisant de maîtrise de l’IA. Voir formation IA en entreprise : ce que dit l’obligation.
- Être transparent : indiquez clairement quand un client discute avec un agent ou un chatbot IA, et signalez les contenus synthétiques susceptibles de tromper (voir agent IA : c’est quoi ?).
- Éviter les usages à risque sans précaution : n’utilisez pas l’IA seule pour trier des candidats ou prendre des décisions qui affectent des personnes, sans supervision humaine.
- Protéger les données : le RGPD continue de s’appliquer. Voir les recommandations de la CNIL.
Votre plan d’action en 5 points
- Inventoriez vos outils et usages d’IA.
- Classez-les : risque minimal, limité (transparence) ou potentiellement élevé.
- Rédigez une charte d’usage : outils autorisés, données interdites, validation humaine.
- Formez les personnes qui utilisent l’IA, et gardez une trace de la formation.
- Informez vos clients quand c’est nécessaire, et revoyez votre dispositif chaque année.
Une méthode simple pour démarrer : la méthode C.L.A.I.R.E. Pour acquérir les bases avec vos équipes, Stratégies Formations propose des formations à l’IA pour les entreprises.
AI Act : questions fréquentes
Mon entreprise est-elle concernée par l’AI Act ?
Oui dès que vous utilisez des systèmes d’IA dans votre activité dans l’Union européenne, en tant que déployeur. Les obligations sont proportionnées au niveau de risque : légères pour la plupart des usages courants.
Faut-il former ses salariés à l’IA ?
L’article 4 demande de veiller à un niveau suffisant de maîtrise de l’IA des personnes qui l’utilisent. Selon les sources consultées, c’est devenu une obligation de moyens depuis le 27 juillet 2026 : agir de bonne foi, de manière proportionnée à vos usages.
Dois-je indiquer qu’un contenu est généré par IA ?
Les règles de transparence de l’article 50 prévoient d’informer les personnes qui interagissent avec une IA et de signaler certains contenus générés ou truqués. Un délai existe pour le marquage technique (jusqu’au 2 décembre 2026 selon les sources consultées).
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
Le règlement prévoit des amendes administratives dont le niveau dépend de la gravité du manquement, avec des plafonds adaptés aux PME. Vérifiez les montants dans le texte officiel.
Par où commencer concrètement ?
Par un inventaire de vos outils d’IA, une charte d’usage simple et une formation de base pour les personnes concernées.
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Inventaire des usages, charte d’utilisation et formation des équipes : un diagnostic de 30 minutes pour savoir par où commencer. Je ne suis pas juriste : pour les cas complexes, rapprochez-vous d’un conseil juridique.

Sylvain Guéraiche est fondateur d’Agence Stratégies (Béziers/Montpellier), Activateur France Num et responsable pédagogique de Stratégies Formations. Depuis plus de 26 ans, il accompagne les TPE et PME dans leur communication, leur transformation numérique et l’adoption de l’IA.
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